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[TEST] PES 2014

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Chausser ses crampons, remonter ses chaussettes, ou encore embrasser la pelouse : il y a des tics qui ne trompent pas. Si la saison de football 2013/2014 est déjà lancée sur le vrai gazon, il faut attendre la fin du mois de septembre pour voir son pendant virtuel en faire de même. Et comme chaque année, c’est à PES d’ouvrir le bal, avec à l’honneur son nouveau moteur graphique plein de promesses. Le retour de PES en vue ?

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 Autant le dire d’entrée, d’un bon gros engagement en touche qui met direct la pression dans le camp adverse : la promesse d’un renouveau graphique est à moitié tenue. On ne change pas de moteur d’un coup de baguette magique, et même si cette version a sans doute nécessité un cycle de développement plus long, de nombreux détails trahissent le manque de temps et un Fox Engine en cours d’optimisation. Rares sont les joueurs correctement modélisés, seules les grandes stars en fait – et dans ce cas avec brio. Il paraissait de toute façon impensable de retravailler un millier de types en short sans se focaliser sur les essentiels. Pour une équipe du Bayern largement mise en avant, et donc modélisée à la cicatrice près, combien de Emmanuel Rivière bazardés ou de Lavezzi en carton pâte ?

C’est un souci récurrent des jeux de foot, mais ce changement de moteur en toute fin de génération le rend d’autant plus flagrant sur ce PES. Et encore, ce n’est rien comparé à tout ce qui se passe hors terrain, de l’entrée en scène aux ralentis de match. C’est bien simple, dès lors qu’on dénombre plus de trois joueurs dans le cadre, non seulement le frame rate prend une grosse béquille dans l’aine, mais on a l’impression que les joueurs perdent toutes leurs textures, levés telle une armée de zombies aux trousses de l’arbitre ; ils font bien d’ailleurs, vu sa tendance à sévir au moindre contact.

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L’I.A. se montre quant à elle plus disponible, aussi bien en défense et en attaque. Là aussi, Konami rattrape un peu son retard. La ligne de défense, plus rigoureuse et compacte, limite fortement les courses “transperçantes” sur plusieurs dizaines de mètres sauf, à la limite, en cas de contre-attaque ou passe en profondeur assassine… et encore. En tant qu’attaquant, on se sent assez vite oppressé par un ou plusieurs adversaires si l’on reste un peu trop longtemps avec le ballon, même avec un Messi ou Ibrahimovic. Ce qui pousse à jouer plus stratégique et à faire davantage de passes. Une bonne chose. Au global, les matchs nous ont donc paru assez disputés lors de notre test et l’équilibre attaque/défense plutôt bon… même si certains gros joueurs comme Rooney, Benzema ou Bale pourront peut-être un peu trop facilement marquer de 25-30 m avec des « pralines » s’ils sont placés dans des positions idéales. Comme toujours, il faudra attendre quelques semaines / mois pour voir les éventuels déséquilibres et usages abusifs.

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En tous les cas, les joueurs pointus pourront se faire plaisir en montant la difficulté, en gérant à leur guise l’effectif et les tactiques / combinaisons ou encore en usant des options manuelles. Ces dernières sont plutôt nombreuses et appréciables (passes, tirs et contrôle du second joueur) mais requièrent une certaine dextérité. On regrettera cela dit ponctuellement que les passes manuelles ne donnent pas toujours l’impression de l’être, comme si l’I.A. nous imposait un script / rail. Les moins courageux pourront eux aussi s’y retrouver grâce à un bon lot d’assistances y compris au niveau tactique ; la gestion des hors-jeu, des remplacements, du changement de tactiques définies ou les combinaisons pouvant être gérées automatiquement. Konami a même rendu le tir des coups de pied arrêtés un peu plus accessible, avec une illustration « visuelle » de la trajectoire du ballon.

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En terme de contenu, un nouveau championnat fait son apparition : il s’agit de la primera division argentine. Évidemment, l’arrivée des licences anglaises ou de la Bundesliga allemande aurait sans doute plus emballé les foules, mais on ne va pas cracher sur un bon petit duel entre Boca Junior et River Plate à l’ambiance sulfureuse garantie. On regrettera en revanche l’absence d’enceintes espagnols et la disparition de l’éditeurs de stade. Le gros point fort reste la détention des licences de la Champion’s League, l’Europa League, la Copa Libertadores et la Ligue des Champions asiatique, qui se retrouve sur les maillots, dans les stades, et dans l’affichage inspiré de l’ambiance télévisuelle : l’immersion n’en est que renforcée. La bonne surprise vient également du nombre de sélections nationales disponibles : 81, soit largement de quoi organiser des compétitions inspirées des coupes internationales. Vous avez d’ailleurs toujours le choix entre organiser vos propres compétitions, disputer une coupe ou un championnat sous licence, mais également profiter du mode Football life, divisé entre la classique Ligue des masters et le plus récent Vers une légende, qui vous permet d’incarner un joueur du début jusqu’à la fin de sa carrière. A propos de la Ligue des masters, il est d’ailleurs désormais possible d’y importer un joueur créé dans le mode Vers une légende et prendre le contrôle d’une équipe nationale.

Message à tous ceux qui sont fatigués des évolutions successives de FIFA : PES est peut-être plus lent à révéler ses charmes que la machine à billets d’EA, mais ses qualités sont plus profondes. Prenons par exemple le nouveau système « Cœur » de PES 2014 qui permet de voir les membres de son équipe influencés par leurs émotions, alors qu’ils réalisent de bonnes passes ou perdent le ballon dans une zone à risques. Ils sont galvanisés, nerveux, autant de sentiments qui peuvent affecter leur précision, notamment pendant les coups francs.

Note et Conclusion : 

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Ce message est finalement le même au fil des années, avec toutefois de profonds changements dans plusieurs domaines : PES 2014 est un jeu méthodique qui récompense l’entraînement et l’expérience. Il n’atteindra jamais le clinquant de FIFA, mais il se révélera aux joueurs qui prendront le temps de s’y investir. PES a le potentiel de devenir une véritable obsession, à l’image de cette raclée de 4-0 que je ne suis pas prêt d’oublier.

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